Nos rencontres

Depuis 2004, nos adhérents se retrouvent une fois par an lors de nos Rencontres. Ces Rencontres sont les temps forts de la vie de notre association. Chacun peut s’exprimer :

- Lors de l’Assemblée Générale Statutaire qui débute notre journée,

- Après les interventions des médecins (Anesthésistes, Endocrinologues, Orthopédistes, Rééducateurs, Rhumatologues,…) et autres personnes sur des sujets relatifs à la prise en charge du Syndrome de McCune-Albright, de la Dysplasie Fibreuse des Os,

- pendant les moments plus conviviaux de pause ou de repas.

La veille au soir, les Correspondants Locaux se retrouvent pour parler et échanger sur les actions qu’ils mènent dans leur région.
En 2008, pour fêter nos 10 ans, nos 5èmes rencontres se sont déroulées sous la forme d'un Congrès sur le thème "Faire le point sur la recherche" qui a eu lieu le 19 avril à Paris à l'hôpital Robert Debré à Paris.
> Télécharger le programme du congrés ici

 

Voir les compte-rendus des interventions des médecins suivants :

- Pr Philippe Chanson, endocrinologue chef de service APHP Bicêtre :
Prise en charge des malades et de leurs familles (à télécharger)

- Dr Agnès Linglart, endocrino-pédiatre APHP Cochin-Saint Vincent de Paul :
Origine parentale et impact de la mutation activatrice de la protéine Gs-alpha Lire le compte rendu

- Dr Bertrand Naveau, rhumatologue APHP Lariboisière :
Ostéonécrose de la mâchoire sous biphosphonates Lire le compte rendu

- Pr Philippe Orcel, rhumatologue, chef de service APHP Lariboisière :
Essai thérapeutique Profydis : Retrouvez toutes les informations sur l'essai sur le site du centre de référence de la dysplasie fibreuse des os / rubrique Actualités.

 

 


 

Impact de la localisation parentale des mutations activatrices de GNAS dans le syndrome de Mc Cune Albright (SMA)

Virginie Mariot (INSERM U561, hôpital Saint Vincent de Paul, Paris), Sara Bondioni et Ana Spada (Département des sciences médicales, Milan) et Agnès Linglart (INSERM U561 et endocrinologie pédiatrique, hôpital Saint Vincent de Paul, Paris).

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Le SMA est causé par une mutation somatique, hétérozygote, activatrice de la protéine G-alpha-s, la sous-unité activatrice des protéines G, survenant probablement à un stade précoce du développement. Plusieurs hormones peptidiques, dont le signal passe par les récepteurs couplés aux protéines G et l’activation de G-alpha-s, favorisent la croissance et/ou le fonctionnement endocrine des tissus cibles. La symptomatologie du SMA reflète une activité autonome de ces tissus cibles, en l’absence de toute stimulation hormonale, compatible avec une activation constitutive de la cascade de signalisation intracellulaire G-alpha-s-adénylate cyclase-AMPc dans ces tissus. Dans les lésions tissulaires du SMA, comme dans les tumeurs endocrines avec mutation de l’oncogène gsp, on retrouve effectivement une augmentation des taux d’AMPc, en faveur d’une activation constitutive de l’axe G-alpha-s-AMPc.

Le gène GNAS qui code pour G-alpha-s, produit également au moins deux autres protéines parmi lesquelles XL-alpha-s est la seule à partager, avec G-alpha-s, la capacité de stimuler l’adénylate cyclase et produire de l’AMPc intracellulaire. XL-alpha-s a la particularité d’être produite uniquement à partir de l’allèle paternel de GNAS, et dans certains tissus seulement (hypophyse, surrénales, cerveau, os). Notre équipe a montré que les mutations perte de fonction du gène GNAS diminuaient la capacité de G-alpha-s et de XL-alpha-s à générer de l’AMPc. De plus, la localisation parentale de la mutation (maternelle ou paternelle) joue un rôle déterminant dans l’expression phénotypique de ces mutations perte de fonction. Nous émettons l’hypothèse que les mutations activatrices paternelles du gène GNAS pourraient activer G-alpha-s et XL-alpha-s, et expliquer certaines caractéristiques phénotypiques du SMA.

Nous avons identifié la mutation activatrice R201H ou R201C dans une série de 7 patients pour lesquels nous disposions de tissus atteints (os, n=4; ovaire, n=1; surrénales, n=1; thyroïde, n=1). Dans 3/16 des échantillons nous avons pu déterminer que la mutation était d’origine paternelle et présente sur les transcrits codant pour G-alpha-s et XL-alpha-s (1 echantillon est en cours d’étude).

In vitro, nos données suggèrent que XL-alpha-s possède une capacité supérieure à celle de G-alpha-s pour générer de l’AMPc. L’introduction de la mutation R201 dans la protéine G-alpha-s et XL-alpha-s augmente encore la capacité des deux protéines à synthétiser de l’AMPc spontanément et en réponse à des stimulations hormonales.

En conclusion, nous avons :

1) confirmé que la mutation activatrice R201 du gène GNAS qui est à l’origine du SMA peut être localisée sur l’allèle paternel ou maternel de GNAS ;

2) montré que XL-alpha-s est plus puissante que G-alpha-s ;

et 3) montré que la mutation R201 active G-alpha-s et XL-alpha-s. Nous étudions actuellement la production d’AMPc dans des tissus porteurs de la mutation activatrice paternelle de GNAS ; l’étude d’un plus grand nombre d’échantillons et la corrélation au phénotype des patients devrait nous permettre d’évaluer le rôle de XL-alpha-s in vivo.

Dr. A. Linglart



Ostéonécroses de la mâchoire et bisphosphonates Albrigh

L’ostéonécrose de la mâchoire (OM) est une complication rare mais redoutable des traitements par les bisphosphonates. Elle est définie par la « mise à nu » d’une zone de l’os de la mandibule ou du maxillaire pendant plus de 8 semaines. Elle provoque des douleurs, se complique souvent de surinfection, à l’origine d’ostéomyélite de la machoire et de fistules. Elle survient souvent après des soins dentaires ou une intervention chirurgicale maxillaire. Le traitement curatif est difficile.

Dans la très grande majorité des cas décrits depuis 2003 , l’OM est survenue lors de traitements par bisphosphonates administrés par voie veineuse ( pamidronate et zolédronate) tous les mois , à des sujets souffrant de cancer du sein avec des métastases osseuses, ou de myélome multiple avec atteinte osseuse. Ces sujets recevaient également pour leur maladie une chimiothérapie. Dans ce contexte, la fréquence de l’OM augmente avec la durée du traitement. Elle est estimée à 1à 10% .

Dans le traitement de l’ostéoporose ou de la maladie de Paget , où les bisphonates sont utilisés le plus souvent par voie orale, à des doses faibles, la fréquence de l’OM est beaucoup plus faible, de l’ordre de 1/100 000.

Des recommandations pour la prévention et le traitement de l’OM lors de traitements par les bisphosphonates ont été publiées par l’ ASBMR (American Society for Bone and Mineral Research) en juillet 2007 et en France par la l’ AFSSAPS (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé) en Décembre 2007. Ces recommandations sont disponibles sur le site www.afssaps.sante.fr

Schématiquement, lors d’un traitement d’une affection bénigne, il faut prévenir les malades du risque d’OM lors d’un traitement par bisphosphonate, conseiller un examen bucco-dentaire par un spécialiste une fois par an, et si possible faire les traitements chirurgicaux dentaires importants avant le début du traitement. En cas de traitement d’une affection maligne, le suivi bucco-dentaire doit être plus fréquent (tous les 4mois). En cas d’OM , une prise en charge spécialisée s’impose. Les gestes chirurgicaux doivent être aussi peu « agressifs » que possible.

Dr. B. Naveau